Organisation des soins en Allemagne

Organisation des soins en allemagne

L’union fait la force – cela s’applique aussi aux grandes organisations d’aide humanitaire. 22 d’entre elles se sont regroupées au sein d’Action « l’Allemagne aide » (Aktion Deutschland hilft e.V., ADH) mettant ainsi leurs compétences professionnelles en commun pour proposer une aide humanitaire lors de catastrophes à l’étranger et dans les régions en crise.

« Tout homme est plus ou moins concerné par l’handicap », c’est pourquoi le site de l’organisation allemande d’aide aux handicapés (Deutsche Behindertenhilfe – Aktion Mensch e.V.) est intéressant pour beaucoup de personnes. Cette organisation sociale est née de l’initiative « Aktion Sorgenkind » (Initiative enfant fragile).

Des soins médicaux professionnels pour la population civile des régions touchées par la guerre ou par des catastrophes – C’est de cette vision qu’est née l’organisation privée d’aide médicale en cas de d’urgence MÉDECINS SANS FRONTIÈRES. Elle reçu le Prix Nobel de la Paix en 1999. L’association déclarée ÄRZTE OHNE GRENZEN e.V. représente la section allemande du réseau mondial.

Le SIDA n’est pas encore curable. L’association allemande de lutte contre le SIDA (Deutsche Aidshilfe e.V., DAH) aide depuis 1983 les personnes séropositives à vivre « positivement ». Aidée de services d’aide locaux, l’organisation centrale nationale informe et conseille. Les thèmes centraux sont le VIH, le SIDA, mais aussi d’autres maladies sexuellement transmissibles comme l’hépatite.

Beaucoup de sport, une nourriture pauvre en graisse et peu d’alcool – c’est ainsi que l’on prévient un infarctus du myocarde ! Vous trouverez des conseils pour mener une vie saine dans la page Internet de la Fondation allemande du cœur (Deutsche Herzstiftung e.V.). Depuis 1979, cette association s’engage dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires. Cette fondation, basée à Francfort, soutient les patients et les médecins avec des campagnes d’information et des projets de recherche.

Chaque année, on compte en Allemagne 490 000 personnes atteintes de cancer. La maladie est la deuxième cause mortelle. Depuis 1947, la Ligue allemande contre le Cancer (Deutsche Krebshilfe e.V.) encourage les projets pour l’amélioration du diagnostic, de la thérapie, du suivi médical et de l’aide personnelle.

Avocat et partenaire pour les défavorisés : l’Association caritative allemande (Deutscher Caritasverband e.V.) soutient les personnes qui ne trouvent pas de secours dans leur milieu social.

Préparer ensemble l’avenir de tous les enfants : l’Association allemande pour la protection de l’enfance (Deutscher Kinderschutzbund e.V., DKSB) fait un travail de lobby et de relation publique pour les plus jeunes, offre une consultation et organise par exemple des places à la garderie.

La Croix-Rouge allemande (Deutsches Rotes Kreuz, DRK), faisant partie du mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant de lune rouge, offre une aide humanitaire pour les personnes en détresse. L’association des œuvres sociales, comptant presque cinq millions de membres en Allemagne, assume de multiples fonctions ; par exemple elle propose un service de sauvetage et de soins, elle est chargée des mesures à prendre en cas de catastrophe ou de l’aide au développement.

Sous le signe de la bible : l’engagement de l’Œuvre d’assistance de l’église évangélique en Allemagne pour les familles socialement défavorisées, les chômeurs, les retraités ou les personnes malades est très connu. Organiser une société plus équitable au niveau social fait partie de ses objectifs.

Source: https://www.deutschland.de/fr/topic/politique/paix-securite/organisations-daide-humanitaire



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Dans les coulisses de l'Hôpital de la Timone à Marseille

Désamorcer la bombe à retardement de la démographie en Allemagne

L’Allemagne est l’un des quatre seuls pays à avoir mis en place un système d’assurance dédié pour les soins de longue durée. Mais comme la population vieillit rapidement et que le taux de natalité reste bas, le système n’est plus soutenable sous sa forme actuelle. Un article de Jan Dirk Herbermann et Débora Miranda.

Lorsqu’en 1998, les parents de Rainer Hammerling sont devenus trop faibles pour faire face aux activités de la vie quotidienne, Rainer a décidé de quitter son travail pour s’occuper d’eux. «Tout ce que je voulais, c’était de leur assurer une vie digne jusqu’à la fin», a-t-il déclaré. Masseur de profession, spécialisé dans les soins aux personnes vivant avec le VIH/sida, Hammerling a pu faire face à la lente détérioration de l’état de santé de ses parents mais cela n’a pas été facile, en partie parce qu’il se trouvait isolé. «Les gens ne comprenaient pas», dit-il. «Ils voulaient savoir pourquoi je n’avais pas placé mes parents dans une maison de retraite.» Et il se trouvait confronté également à des problèmes financiers. Si ses parents bénéficiaient de l’assurance allemande pour les soins de longue durée introduite en 1995, celle-ci ne couvrait pas pleinement sa perte de revenu.

En Allemagne, comme dans beaucoup d’autres pays, l’espérance de vie augmente. De plus en plus de personnes vivent plus longtemps et parviennent à un âge où elles peuvent avoir besoin de soins. En même temps, depuis les années 1970, les taux de natalité ne sont pas suffisamment élevés pour assurer le remplacement de la population et restent faibles. De ce fait, on dispose de moins d’argent pour un nombre croissant de personnes ayant besoin de soins.

«Entre 1955 et 1965, nous avons eu un baby-boom. D’ici 20 à 25 ans, un grand nombre de personnes âgées seront devenues fragiles», déclare Clemens Tesch-Römer, Directeur du Centre allemand de gérontologie de Berlin. «Nous n’avons toujours pas de solution satisfaisante à ce problème.»

L’assurance pour les soins de longue durée (Pflegeversicherung), distincte de l’assurance-maladie à proprement parler, couvre les besoins en soins des personnes qui, par suite d’une maladie ou d’une incapacité, ont perdu leur autonomie depuis au moins six mois. L’assurance pour les soins de longue durée allemande est un régime obligatoire de contribution réparti équitablement entre assurés et employeurs. Le droit à prestation ne repose pas sur l’âge, mais près de 80% des bénéficiaires ont 65 ans ou plus. Les bénéficiaires sont répartis en trois niveaux de dépendance. Selon les derniers chiffres disponibles, sur les 82 millions d’habitants que compte l’Allemagne, près de 79 millions cotisent à une forme quelconque d’assurance pour les soins de longue durée. Sur ce chiffre, environ 88% cotisent à une caisse publique et 12% à une caisse privée.

La plupart des bénéficiaires de l’assurance pour soins de longue durée allemande restent à domicile (69%). Ainsi, ils peuvent opter entre un versement mensuel en espèces – qui se situait en 2012 entre 235 euros (environ 300 dollars) et 700 euros (930 dollars) – pour couvrir leurs besoins en soins, ou recevoir des prestations en nature – entre 450 euros (600 dollars) et 1550 euros (2065 dollars) en 2012 –, sous forme de services professionnels de soins. Les personnes peuvent également reverser l’argent à un proche ou un ami qui s’occupe d’elles. Pour les 31% de bénéficiaires restants, ces versements ne couvrent qu’une partie du coût mensuel des soins en institution (maison de retraite), précise C. Tesch-Römer. S’ils le peuvent, les bénéficiaires complètent leur régime d’assurance par d’autres assurances ou caisses de pension. S’ils ne le peuvent pas, leurs familles sont obligées de participer aux frais et, si elles ne le peuvent pas, les bénéficiaires peuvent demander en dernier recours une aide sociale.

Le système d’assurance pour les soins de longue durée de l’Allemagne est chargé d’évaluer la qualité des soins dans les quelque 12 000 établissements de soins du pays, et les bénéficiaires sont libres de choisir à quel service ils veulent faire appel. Ce système a également entraîné une plus grande prise de conscience. «Des sujets tel que la démence, la qualité des soins» et la qualité de la vie pendant la vieillesse font désormais partie du discours public», déclare C. Tesh-Römer.

L’Allemagne est l’un des quatre pays (les autres étant le Japon, les Pays-Bas et la République de Corée) dotés d’un système d’assurance pour les soins de longue durée. Les autres systèmes d’assurance pour les soins de longue durée sont financés par les recettes fiscales à divers degrés selon le pays. Dans les pays dépourvus d’un système quelconque, la charge financière retombe sur les particuliers et leurs familles.

«Les soins de longue durée sont un défi pour tous les pays», explique John Beard, Directeur du Département Vieillissement et qualité de vie à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui consacre la Journée mondiale de cette année le 7 avril 2012 au thème du vieillissement et de la santé. «C’est un problème qui peut faire l’objet d’un financement direct, soit par les recettes fiscales de l’État soit à travers les assurances. Ces quatre pays ont opté pour un système d’assurance obligatoire, qui garantit que chacun est au moins en partie protégé contre ces coûts.»

Mais si le système d’assurance pour les soins de longue durée de l’Allemagne est reconnu au niveau international, sa viabilité future est remise en question. Selon l’Organisation pour la Coopération et le Développement économiques (OCDE), environ 20% de la population allemande est âgée de plus de 65 ans. En 2009, 2,24 millions de personnes étaient âgées de 65 ans et plus et ce chiffre va pratiquement doubler pour passer à 4,35 millions en 2050, date à laquelle l’Allemagne devrait avoir la population la plus âgée des pays de l’OCDE après le Japon.

En outre, l’assurance pour les soins de longue durée de l’Allemagne est financée au fur et à mesure – les cotisations servant immédiatement à financer les soins –, ce qui veut dire que les primes doivent augmenter à mesure que le rapport bénéficiaires/ non bénéficiaires augmente. Certains militent en faveur du passage à un modèle de prépaiement qui permettrait à une caisse d’assurance pour les soins de longue durée de se développer en même temps que ses dépenses augmentent. Mais toute réforme qui impliquerait une augmentation des cotisations ou une augmentation du financement de l’État paraît difficile, d’autant plus dans le climat économique et politique actuel.

Jutta Berger-Knapp, Directeur de Diakonie-Pflege Verbund, société basée à Berlin dont les 650 employés se consacrent à la prestation de soins à domicile, est bien consciente de ce problème et ne se fait aucune illusion sur les difficultés qu’il entraîne. «Pour le moment, les assurances allemandes ont suffisamment de liquidités parce que l’économie va bien et que beaucoup de gens cotisent. Mais les politiciens savent que nous sommes en présence d’une bombe à retardement», ajoute-t-elle.

Le gouvernement allemand s’est engagé à désamorcer cette bombe à retardement qu’est la démographie en réformant le système actuel.

En octobre dernier, le parlement allemand a voté une nouvelle loi qui facilite la prise en charge de proches dépendants par des personnes qui travaillent, comme Rainer Hammerling. Selon le nouveau texte, ces personnes pourront être employées à mi-temps et continuer à percevoir 75% de leur salaire. Pour éviter toute tricherie, lorsque la période de soins se termine, ces personnes sont obligées de revenir travailler à plein temps pour 75% du salaire pendant une période correspondant à celle où elles ont prodigué des soins.

La nouvelle loi est un moyen habile de répartir les coûts et reconnaît le rôle central de la famille dans la prestation de soins aux personnes âgées, mais la réforme de l’assurance pour les soins de longue durée en Allemagne ne sera pas facile.

D’une part, la dépendance est actuellement définie uniquement en termes de limites physiques sans tenir compte de la démence. De ce fait, des personnes physiquement aptes mais qui, en raison de leur état mental, ne sont plus autonomes ne remplissent pas les conditions pour bénéficier du système. Le manque de coordination entre assureurs des caisses-maladie et assureurs des soins est également un problème.

«Les personnes qui quittent l’hôpital ou un centre de réadaptation doivent parfois attendre des semaines avant qu’un inspecteur évalue leur degré de dépendance (niveaux 1 à 3)», déclare J. Berger-Knapp. «Lorsque les inspecteurs se présentent enfin, ils posent à la personne des questions auxquelles elle ne répond pas toujours honnêtement car, explique-t-elle, qui est prêt à admettre souffrir d’incontinence face à un inspecteur qu’il ne connaît pas?». Ces personnes risquent alors de ne pas se voir fournir des services adéquats. «C’est pourquoi il est essentiel qu’un parent soit présent lorsqu’une personne âgée fait l’objet d’une évaluation», précise-t-elle.

«Ce système pose encore de nombreux problèmes en Allemagne et dans les autres pays, notamment sur le plan de la viabilité, de la fourniture des soins et de la protection des familles contre les coûts potentiels. Avec le vieillissement rapide des populations, il devient de plus en plus urgent de trouver le bon modèle de soins de longue durée», déclare J. Beard de l’OMS. «Les nouvelles approches explorées en Allemagne pourraient fournir des modèles aux pays qui n’ont pas encore institué de filets de sécurité pour les soins de longue durée.»

Parallèlement à la transition démographique, la société change. Lorsque R. Hammerling a commencé à s’occuper de ses parents en 1998, il ne trouvait que peu de soutien et de compréhension. Dix ans plus tard, lorsqu’il a rejoint l’association Wir Pflegen [à la fois «nous nous soucions» et «nous nous occupons de»] en 2009, les choses avaient changé. L’association de portée nationale venait d’être créée pour aider les personnes s’occupant de proches dépendants. R. Hammerling est maintenant leur représentant auprès de l’État fédéral: «nous faisons en sorte que les personnes qui s’occupent de proches dépendants soient davantage appréciées et reconnues», indique-t-il.

Source: http://www.who.int/bulletin/volumes/90/1/12-020112/fr/



Images sur organisation des soins en Allemagne de Google



Encadré 1 : Brève présentation du système de santé allemand

Face à l’augmentation de ses dépenses de santé, mais également à des difficultés en matière de coordination des soins et de démographie médicale, l’Allemagne a engagé de nombreuses réformes depuis dix ans. Elles portent sur :

  • l’amélioration du fonctionnement général du système en favorisant la mise en concurrence des caisses (instaurée dès 1996) ; la mise en place d’un médecin « référent » assortie d’un copaiement forfaitaire de 10 euros par trimestre pour la première consultation et une incitation au référencement pour consulter les spécialistes ; le développement du contrôle et de l’évaluation des médecins, l’élaboration de programmes de disease management ;

  • une réduction du niveau des prestations, avec le déremboursement des médicaments non prescrits, des lunettes, etc.

L’offre de soins ambulatoires s’organise quasi exclusivement autour de médecins libéraux dont plus de la moitié sont spécialistes. D’après une étude récente, 68 % des médecins de soins primaires exercent en cabinets individuels. Le secteur ambulatoire est caractérisé par une cogestion entre les unions de médecins conventionnés et les caisses d’assurance maladie. La régulation du secteur ambulatoire relève de la coopération entre les caisses, tandis que les unions des médecins conventionnés prennent en charge l’organisation spécifique de l’offre ambulatoire. Les réformes récentes ont également introduit la possibilité de contractualisation sélective avec les professionnels de santé.

Source: https://www.cairn.info/revue-francaise-des-affaires-sociales-2010-3-page-81.htm



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